Les Écritures font fréquemment référence aux expressions : « être né de Dieu », né de l’Esprit, ainsi qu’au  baptême de feu et du Saint-Esprit. Mais quelle est cette re-naissance et qu’implique-t-elle?

Sacrifice et naissance de l’Esprit

priere-mormoneDans le Livre de Mormon, le Roi Benjamin a enseigné que la nature de l’homme mortel était étrangère à la nature de Dieu. Il a également défini, dans le même verset comment devrait être un saint : « soumis, doux, humble, patient, plein d’amour, disposé à se soumettre à tout ce que le Seigneur juge bon de lui infliger » (Mosiah 3: 19). Un vrai saint est disposé à se soumettre entièrement à Dieu.

Joseph Smith a donné une définition similaire :

Une religion qui ne requiert pas le sacrifice de tout n’a pas le pouvoir de produire la foi nécessaire à la vie et au salut car, depuis que l’homme existe, la foi nécessaire pour jouir de la vie et du salut n’a pu être obtenue que par le sacrifice…

Il est vain de s’imaginer que l’on pourra devenir héritier avec ceux qui ont tout donné et qui, grâce à cela, ont obtenu la foi en Dieu nécessaire à la vie éternelle et gagné cette bénédiction, à moins d’offrir le même sacrifice et, par cette offrande, d’obtenir la connaissance que l’on est accepté de Dieu. (Leçons sur la foi, Salt Lake City : N.B. Lundwall, sd, 6:7-8).

Il faut relever ici qu’aucun Saint des Derniers Jours, du vivant du prophète Joseph Smith, ou tout autre prophète l’ayant succéder, n’a jamais dû tout sacrifier (à l’exception de ceux qui sont morts en martyrs lors des premiers jours de l’Église). Cependant, de nombreux fidèles étaient disposés et percevaient l’aspect temporaire et peu méritantes des choses du monde comparées à la valeur de l’Evangile et du salut.

Né de nouveau

Nicodème est allé, de nuit, voir Jésus pour lui demander quelles étaient les exigences pour avoir le salut. Succinctement, Jésus a répondu : « Si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. » Ne comprenant pas, pensant que Jésus faisait allusion à une seconde naissance mortelle, Nicodème a demandé comment une telle chose était possible. Puis le Sauveur a continué définissant cette condition : « Si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu » (Jean 3:5).

Ainsi, les conditions pour entrer dans le royaume de Dieu ont été présentées. « Né d’eau » fait référence, avec certitude, au baptême d’eau. Avons-nous respecté cette ordonnance? Pour ceux d’entre nous, qui sommes membres de l’Église de Jésus-Christ, la réponse est oui.

Mais sommes-nous « nés de l’Esprit »? Il n’est pas si facile de répondre à cette question. Nous avons reçu l’ordonnance du don du Saint Esprit [par l’imposition des mains] – appelée la confirmation – mais est-ce là tout? Est-ce que tout se produit automatiquement après que les détenteurs de la Prêtrise de Melchisédek aient placé leurs mains sur notre tête?

Sommes-nous nés de l’Esprit? Avons-nous été baptisés de feu et du Saint-Esprit?

Alma a posé cette même question d’une manière différente : « Et maintenant, voici, je vous demande, mes frères de l’église, êtes-vous nés spirituellement de Dieu? Votre visage est-il empreint de son image? Avez-vous éprouvé ce grand changement dans votre cœur ?  » (Alma 5:14, italiques ajoutés).

Bien entendu, la réponse à cette question n’est pas simple : « Êtes-vous nés à nouveau spirituellement ? ». Mais la réponse à cette question existe. Pour la comprendre, il faut d’abord comprendre les deux bénédictions distinctes qui peuvent résulter de l’ordonnance de la confirmation – premièrement, le droit d’avoir certains dons de l’Esprit; et deuxièmement, ce merveilleux changement qui vient du baptême de feu et du Saint-Esprit.

Les dons de l’Esprit

Les Écritures expliquent que les dons de l’Esprit sont :

– Savoir que Jésus est le Christ

– Croire en la parole de ceux qui ont un témoignage

– Avoir le don de discernement

– Avoir le don de la connaissance

– Avoir le don de la sagesse

– Avoir la foi pour être guéri

– Avoir la foi pour guérir

– Avoir la capacité d’accomplir des miracles

– Avoir le don de prophétie

– Parler en langues

– Avoir le don d’interpréter les langues.

Aucun des dons précédemment cités ne parlent du grand changement qui doit s’opérer sur le cœur de l’homme ou du pardon des péchés qui accompagne la naissance d’Esprit. Bruce R. McConkie définit les « dons de l’Esprit » ainsi :

Par la grâce de Dieu – lorsque l’homme fait sa part pour être dévoué, fidèle et obéissant – certaines bénédictions spirituelles particulières, appelées les dons de l’Esprit sont accordé à l’homme …

Leur but est d’éclairer, d’encourager et d’édifier les fidèles, afin qu’ils aient de la paix dans cette vie et qu’ils soient guidés vers la vie éternelle dans le monde à venir …

On attend des fidèles qu’ils recherchent les dons de l’Esprit de tout leur cœur. Ils doivent « recherche[r] avec ferveur les meilleurs dons » … Certains reçoivent un don ; et les autres en reçoivent un autre … (Mormon Doctrine, 2e édition, Salt Lake City : Bookcraft, 1966, p. 314).

Baptême de feu

Comparons les explications précédentes sur les dons de l’Esprit à la définition d’Elder McConkie sur le «baptême de feu» :

Pour obtenir le salut toute personne responsable doit avoir deux baptêmes. Le baptême d’eau et le baptême de l’Esprit. … Le baptême de l’Esprit est appelé le baptême de feu et du Saint-Esprit. … Par le pouvoir du Saint-Esprit, qui sanctifie (3 Néphi 27:19-21)– du rebut, de l’iniquité, de ce qui est charnel, de la sensualité et de tout mal brûlé de l’âme humaine comme par le feu; la personne purifiée devient littéralement une nouvelle créature grâce au Saint-Esprit (Mosiah 27:24-26). Il ou elle naît de nouveau.

Le baptême de feu n’est pas quelque chose de supplémentaire à la réception du Saint-Esprit, mais plutôt, c’est le fait d’avoir véritablement la chance d’acquérir le don qui est offert par l’imposition des mains au moment du baptême. « La rémission des péchés », dit le Seigneur, vient « par le baptême et par le feu, oui, par le Saint-Esprit » (D&A 19:31; 2 Néphi 31:17). Ceux qui reçoivent le baptême de feu sont « remplis comme de feu » (Hélaman 5:45). (Mormon Doctrine, 2e édition, p 73; italiques ajoutés).

Il déclare également, à propos du terme, « né de nouveau » :

Pour obtenir le salut dans le royaume céleste, les hommes doivent être nés de nouveau (Alma 7:14); nés d’eau et d’Esprit (Jean 3:1-13), nés de Dieu, de sorte qu’ils changent de leur « état charnel et déchu, à un état de justice », devenant de nouvelles créatures du Saint-Esprit (Mosiah 27:24-29). Ils doivent devenir des enfants nouveau-nés en Christ (1 Pierre 2:2), ils doivent être « engendrés spirituellement » de Dieu, être nés de Christ, devenant ainsi ses fils et ses filles (Mosiah 5:7).

… L’eau, le sang, et l’Esprit sont des éléments présents dans ces deux naissances (Moïse 6:59-60). La seconde naissance commence lorsque les individus sont baptisés dans l’eau par une personne qui détient le pouvoir de le faire; il est vraiment terminé lorsqu’ils reçoivent la compagnie du Saint-Esprit, devenant de nouvelles créatures par le pouvoir purificateur de ce membre de la Divinité (Mormon Doctrine, 2e éd., p. 101).

Grâce aux explications d’Elder McConkie, décrivant les dons de l’Esprit et la naissance de l’Esprit, il est plus facile de discerner les différences. Premièrement, la naissance de l’Esprit est essentielle au salut, tandis que les dons de l’Esprit sont une grande bénédiction disponible pour aider et réconforter les saints tandis qu’ils continuent le cours de leur vie. Deuxièmement, la naissance de l’Esprit purge et sanctifie une personne afin que, en tant que « nouvelle créature du Saint-Esprit », elle puisse mener une vie se rapprochant du critère nécessaire à l’exaltation : être prêt à sacrifier toutes choses terrestres.

Devenir une « nouvelle créature en Christ »

alma-baptise-bapteme-mormonLes prophètes des temps anciens ont clairement expliqué que le baptême de feu est nécessaire pour que nous puissions vivre éternellement en présence de Dieu. Néphi donne un bon exemple de cette idée lorsqu’il  explique ce qu’il faut pour rester sur « le chemin droit et resserré » :

C’est pourquoi, mes frères bien-aimés, je sais que si vous suivez le Fils d’un cœur pleinement résolu, ne commettant ni hypocrisie ni tromperie devant Dieu, mais avec une intention réelle, vous repentant de vos péchés, témoignant au Père que vous êtes disposés à prendre sur vous le nom du Christ par le baptême — oui, en suivant votre Seigneur et votre Sauveur dans l’eau selon sa parole, voici, alors vous recevrez le Saint-Esprit; oui, alors vient le baptême de feu et du Saint-Esprit, et alors vous pouvez parler dans la langue des anges et crier des louanges au Saint d’Israël. (2 Néphi 31:13, italiques ajoutés).

Quelques versets plus loin Néphi rappelle ce que nous devons faire pour naître de nouveau :

C’est pourquoi, faites les choses dont je vous ai dit que j’ai vu que votre Seigneur et votre Rédempteur les ferait; car c’est pour cela qu’elles m’ont été montrées, afin que vous connaissiez la porte par laquelle vous devez entrer. Car la porte par laquelle vous devez entrer est le repentir et le baptême d’eau;et ensuite vient le pardon de vos péchés par le feu et par le Saint-Esprit. (2 Néphi 31:17, italiques ajoutés).

Alma, lors de son grand discours sur la prêtrise, a déclaré :

C’est pourquoi ils étaient appelés selon ce saint ordre, et étaient sanctifiés, et leurs vêtements étaient blanchis par le sang de l’Agneau.

Or, après avoir été sanctifiés par le Saint-Esprit, ayant les vêtements blanchis, étant purs et sans tache devant Dieu, ils ne pouvaient considérer le péché qu’avec aversion; et il y en eut beaucoup, un nombre extrêmement grand, qui furent rendus purs et entrèrent dans le repos du Seigneur, leur Dieu. (Alma 13:11-12; italiques ajoutés).

Alma a également décrit, de façon frappante, sa propre conversion :

… Je me suis repenti de mes péchés, et j’ai été racheté par le Seigneur; voici, je suis né de l’Esprit. Et le Seigneur m’a dit : Ne t’étonne pas de ce que toute l’humanité, oui, les hommes et les femmes, toutes les nations, tribus, langues et peuples doivent naître de nouveau; oui, naître de Dieu, changer de leur état charnel et déchu à un état de justice, étant rachetés par Dieu, devenant ses fils et ses filles; et ainsi, ils deviennent de nouvelles créatures; et s’ils ne font pas cela, ils ne peuvent en aucune façon hériter le royaume de Dieu. Je vous le dis, si tel n’est pas le cas, ils sont rejetés… Néanmoins, après avoir traversé beaucoup de tribulations, m’être repenti presque jusqu’à la mort, le Seigneur, dans sa miséricorde, a jugé bon de m’arracher à un feu éternel, et je suis né de Dieu (Mosiah 27:24-28; italiques ajoutés).

Le Sauveur a enseigné aux Néphites, leur déclarant spécifiquement qu’ils devaient naître de l’Esprit : « et lorsque vous serez baptisés d’eau, voici, je vous baptiserai de feu et du Saint-Esprit; c’est pourquoi, bénis êtes-vous, si vous croyez en moi et êtes baptisés, après m’avoir vu et avoir su que je suis » (3 Néphi 12:1; italiques ajoutés).

Les Néphites ont alors prié pour recevoir cette grande bénédiction, et

« … lorsqu’ils furent tous baptisés et furent sortis de l’eau, le Saint-Esprit descendit sur eux, et ils furent remplis du Saint-Esprit et de feu.

Et voici, ils furent environnés comme par du feu; et ce feu descendait du ciel, … et des anges descendirent du ciel et les servirent » (3 Néphi 19:13-14; italiques ajoutés).

De plus, voici les paroles d’Orson Pratt :

Sans l’aide du Saint-Esprit, un individu qui s’est depuis longtemps habitué à aimer le péché et dont les affections et les désirs se sont à terme baignés avec délice dans le canal dégradant du vice, aurait très peu de pouvoir pour changer sa façon de penser, d’un seul coup, de son cours habituel afin de marcher en nouveauté de vie. Bien que ses péchés aient été lavés, la force de l’habitude est tellement grande qu’il serait aisément dépassé et contaminé à nouveau par le péché, sans le renouveau qu’apporte le Saint-Esprit. C’est pourquoi, il est d’une importance infinie que les affections et les désirs soient, dans une certaine mesure, changés et renouvelés, de sorte que cela l’amène à haïr ce qu’il aimait auparavant et à aimer ce qu’il détestait auparavant : renouveler ainsi l’esprit de l’homme, tel est l’œuvre du Saint-Esprit. … Le baptême de feu, sans aucun doute, avait trait aux vertus purifiantes du Saint-Esprit, qui, comme le feu, consume ou détruit les affections profanes de ceux qui l’ont reçu. (N.B. Lundwall, comp., Discours sur le Saint-Esprit, Salt Lake City : Bookcraft, Inc., pp. 33, 35; italiques ajoutés).

BH Roberts donne une belle description de l’effet que produit une nouvelle naissance spirituelle :

En plus de cette splendide gamme de pouvoirs et dons du Saint-Esprit, les Écritures nous enseignent que le fait de le posséder nous fait ressentir « l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance ». En effet nous pouvons dire, de même que l’Apôtre Parley P. Pratt – en modifiant  légèrement son éloquence – que le Saint-Esprit s’adapte lui-même à tous les organes et aux attributs de l’homme. Son influence vivifie toutes les facultés intellectuelles, augmente, agrandit, étend et purifie toutes les passions et affections naturelles; et les adapte, par le don de la sagesse à leur utilisation légitime. Il inspire, développe, cultive et fait mûrir toutes les sympathies raffinées, les joies, les goûts, les bons sentiments et les affections de notre nature. Il inspire la vertu, la bonté, la bienveillance, la tendresse, la gentillesse et la charité. Il développe la beauté de la personne, la forme et la particularité. Il tend à nous donner la santé, la vigueur, l’entrain et la sociabilité. Il développe et fortifie toutes les facultés de l’homme physique et intellectuel. Elle renforce, revigore et donne du tonus aux nerfs. En bref, il est, pour ainsi dire, de la moelle pour les os, de la joie pour le cœur, de la lumière pour les yeux, de la musique pour les oreilles et de la vie pour l’être tout entier. (Clé de laThéologie, p. 102) (L’Evangile, 9ème édition, Salt Lake City : Deseret Book Co., 1950, pp. 204-5).

Pas de don automatique

Avec les citations précédentes des prophètes des temps anciens et modernes en tête, certains pourront penser : « J’ai reçu le don du Saint-Esprit par l’imposition des mains; pourquoi n’ai-je pas vécu une telle expérience? »

La réponse à cette question peut bien être que, en effet, ils n’ont pas reçu le «don» du Saint-Esprit!L’ordonnance de l’imposition des mains ne permet d’avoir ce don que lorsque la personne se qualifie pour l’avoir. Voici les explications d’Elder McConkie à ce sujet :

Le simple fait de se conformer à la formalité de l’ordonnance du baptême n’implique pas qu’une personne soit née de nouveau. Nul ne peut naître de nouveau sans le baptême, mais l’immersion dans l’eau et l’imposition des mains pour conférer le don du Saint-Esprit ne garantissent pas d’eux-mêmes qu’une personne soit née de nouveau ou qu’elle le sera. La nouvelle naissance se produit uniquement pour ceux qui ont la chance d’avoir le don, c’est-à-dire la compagnie du Saint-Esprit, uniquement pour ceux qui se sont pleinement convertis, qui se sont donnés eux-mêmes sans retenue au Seigneur. Ainsi Alma s’est adressé à ses « frères de l’Église » et leur a demandé avec insistance s’ils étaient « nés spirituellement de Dieu », si leur visage était empreint de son image et avaient expérimenté ce « grand changement » dans leur cœur qui accompagne toujours la naissance d’Esprit(Alma 5:14-31). (Doctrine mormone, 2e éd., p. 101).

La naissance d’Esprit ne se produit pas automatiquement. Chaque individu doit faire consciemment l’effort de chercher à obtenir cette grande bénédiction. Parfois des mois et des années de préparation seront nécessaires.

Le saurons-nous lorsque nous expérimenterons la naissance d’Esprit? Est-ce que cela se produit progressivement de sorte que nous puissions l’avoir déjà reçu mais que noue ne l’ayons pas reconnu? Il est certain que la préparation spirituelle pour recevoir cette « nouvelle naissance » peut être un processus long et graduel. Mais le changement distinctif dont parle Alma me mène à croire que l’on ne peut pas vivre une telle expérience sans en prendre conscience de façon puissante. Nous reconnaîtrons facilement ce don, en tant que « témoignage de l’Esprit », lorsqu’il se produira et nous le reconnaîtrons au moment où nous le recevrons.

Il y a une autre raison, je crois, qui nous permettra de savoir lorsque la naissance d’Esprit se produira, c’est qu’à ce moment-là nos péchés nous seront pardonnés – une expérience décrite par des mots tels que «feu» et «brûlant». De toute évidence, nous pourrons percevoir une telle purge intérieure.

Un prophète des temps modernes, Marion G. Romney, a déclaré :

La conversion est assurée par la miséricorde divine qui pardonne les péchés. Ce processus se déroule, en quelque sorte, ainsi. Une personne, sincèrement à la recherche de la vérité, entend le message. Il demande au Seigneur, en prière, s’il est vrai. Le Saint-Esprit lui en témoigne. C’est un témoignage. Si le témoignage de la personne est suffisamment fort, elle se repent et obéit aux commandements. Grâce à cette obéissance, elle reçoit la miséricorde divine qui lui pardonne ses péchés. Ainsi, il est converti à une nouvelle vie. Son esprit est guéri. (improvement Era, décembre 1963, p. 1066; italiques ajoutés).

Expériences de re-naissance vécues par des croyants

pentecote mormoneIl se peut que si nous examinions les récits de ceux qui ont connu des expériences de nouvelle naissance spirituelle, nous puissions mieux identifier et nous reconnaitre dans ce processus. L’expérience de Pierre est un bon point de départ; son développement spirituel est clairement présenté dans les Écritures. Pierre était très proche du Sauveur tout au long de Ses trois années de ministère. Pierre a vu la guérison des malades, la résurrection des morts, l’apaisement des eaux. Il a vu le Christ transfiguré, en compagnie de Moïse et d’Elie, sur la montagne et il a entendu la voix de Dieu déclarant : « Voici mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection » (Matthieu 17:5).

Peut-on certifier que Pierre avait un témoignage avant la mort du Sauveur?

Nous pouvons très certainement l’affirmer. À un moment donné, Jésus a demandé à Ses disciples : « Qui dites-vous que je suis? » et « Pierre répondit: Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ».

« Et Jésus répondit et lui dit: Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux » (Matthieu 16:15-17; italiques ajoutés). Dans ce passage, Jésus a confirmé que Pierre connaissait effectivement, et ce, par révélation, la divinité de la mission du Christ.

Mais même si Pierre avait un témoignage, il n’était toujours pas converti. Un an plus tard, Jésus lui a dit : « Quand tu seras converti, affermis tes frères »(Luc 22:32, italiques ajoutés).

Il est intéressant de relever le changement remarquable qui s’est produit en Pierre, lorsqu’il s’est vraiment converti. Son pouvoir et sa force, dans le livre des Actes, ne peuvent être remis en question. Quand Pierre a-t-il reçu ce « grand changement » dans son cœur? Gardons à l’esprit que la prédication de Pierre dans les Actes s’adressait directement à ceux-là mêmes qui avaient tué le Christ et qui pourraient lui réserver le même sort. Ce « grand changement » qui a chassé la peur, a intensifié l’engagement et a donné du pouvoir à son témoignage est arrivé 49 jours après la résurrection de notre Sauveur lors de la Pentecôte, avec le don du Saint-Esprit à l’Eglise.

Se pourrait-il que les Douze Apôtres soient « nés de feu » à ce moment-là? L’expérience de Pierre, ne confirme pas seulement la différence entre le témoignage et la conversion, mais elle révèle, de manière spectaculaire, l’intensité de l’impact que le « grand changement » produit sur le cœur des hommes. Certains exemples plus modernes peuvent également aider le lecteur à évaluer sa situation par rapport à la nouvelle naissance spirituelle. Relevez à quel point ces exemples ressemblent aux récits scripturaires. Parley P. Pratt relate l’anecdote suivante dans son autobiographie :

Ma chère épouse a vécu suffisamment longtemps pour accomplir sa destinée; et lorsque l’enfant a été vêtu, qu’elle l’a contemplé et qu’elle l’a embrassé, elle a cessé de vivre dans la chair. Sa mort est survenue environ trois heures après la naissance de cet enfant promis. Quelques jours avant sa mort, elle a eu une vision, en plein jour, tandis qu’elle était assise dans sa chambre. Elle a été submergée ou plutôt immergée dans une colonne de feu qui semblait remplir toute la pièce, comme si elle allait consumer tout ce qui se trouvait à l’intérieur; et l’Esprit a murmuré à son esprit, disant : « Tu es baptisé de feu et du Saint-Esprit« . Il lui a également fait comprendre qu’elle aurait le privilège de quitter ce monde de tristesse et de douleur, et d’aller au Paradis pour s’y reposer aussitôt qu’elle aurait rempli sa part de la prophétie en lien avec le fils promis. Cette vision s’est reproduite le lendemain, à la même heure, à savoir : midi. Elle a été envahie d’une joie et d’une paix indescriptible, et ellesemblait transformée, dans sa nature tout entière, à partir de ce moment-là. (Autobiographie de Parley P. Pratt, Salt Lake City : Deseret Book Co., 1972 p. 166; italiques ajoutés).

Lorenzo Snow raconte également l’expérience de sa nouvelle naissance spirituelle :

Un jour, deux ou trois semaines après mon baptême, tandis que j’étudiais, je commençai à réfléchir au fait que je n’avais pas reçu la connaissance de la véracité de l’œuvre,… et je commençai à me sentir très mal à l’aise. « Je mis mes livres de côté, quittai la maison et errai à travers champs sous l’influence oppressante d’un esprit lugubre, inconsolable, tandis qu’un nuage de ténèbres indescriptibles semblait m’envelopper. J’avais l’habitude, à la fin de la journée, de me retirer pour prier en secret dans un bosquet … mais à ce moment-là je n’avais pas la moindre envie de le faire. « L’esprit de prière m’avait quitté et les cieux semblaient comme du plomb au-dessus de ma tête. Enfin, me rendant compte que l’heure habituelle de ma prière en secret était arrivée, je décidai que je ne me dispenserais pas de mon service du soir et, comme m’acquittant d’une formalité, je m’agenouillai comme d’habitude, et à l’endroit isolé coutumier, mais sans éprouver ce que je ressentais généralement.

À peine avais-je ouvert les lèvres pour m’efforcer de prier que j’entendis un son, juste au-dessus de ma tête, comme le froissement de robes de soie, et aussitôt, l’Esprit de Dieu descendit sur moi, enveloppant complètement ma personne tout entière, me remplissant du sommet de la tête à la plante des pieds et alors quelle joie et quel bonheur je ressentis ! Nulle langue ne peut décrire le passage instantané de l’épais nuage de ténèbres mentales et spirituelles au déversement de lumière et de connaissance qui fut accordé à ce moment-là à mon intelligence … Ce fut un baptême complet, une immersion tangible dans le principe ou l’élément céleste, le Saint-Esprit ; et encore plus réel et plus physique dans ses effets sur chaque partie de mon organisme que l’immersion dans l’eau ; dissipant à jamais, aussi longtemps que la raison et la mémoire durent, toute possibilité de doute …

Il m’est impossible de dire combien de temps je restai dans le flot parfait de merveilleuse félicité et d’illumination divine, mais l’élément céleste qui me remplissait et m’entourait ne commença à se retirer progressivement qu’après plusieurs minutes. Après m’être relevé … je savais qu’il m’avait accordé ce que seul un être tout-puissant peut accorder, ce qui a plus de valeur que toutes les richesses et tous les honneurs du monde. Cette nuit-là, alors que je me retirai pour me reposer, les mêmes manifestations merveilleuses se sont répétées, et ont continué à se répéter durant plusieurs nuits de suite. Le doux souvenir de ces expériences glorieuses … donn[e] une influence inspirante … et je l’espère, jusqu’à la fin de mon existence terrestre. (Biographie de famille, écrite par Lorenzo Snow, compilée par Eliza R. Snow, Salt Lake City : Deseret Book Co., 1884, pp. 7-9; plupart des italiques ajoutés).

Avec ces idées fraîches à l’esprit, pouvez-vous visualiser l’impact spirituel d’une telle expérience? Pouvez-vous imaginer comment ceux qui sont nés à nouveau peuvent plus pleinement vivre la loi du sacrifice après une telle re-naissance? Pouvez-vous percevoir comment vous pouvez vivre beaucoup plus en accord avec les principes qui se trouvent à la base d’une vie chrétienne? Les avantages de la nouvelle naissance spirituelle sont incontestables.

Avons-nous eu cette expérience? Comme Alma l’a demandé : « Êtes-vous nés spirituellement de Dieu? Votre visage est-il empreint de son image? Avez-vous éprouvé ce grand changement dans votre coeur? »

* Adapté de Né de l’Esprit par E. Richard Packham, éditions CFI , Springville, Utah, 2008.

 

Ressources supplémentaires :

Jésus-Christ selon le Mormonisme

Croyances mormones

Les Mormons et la Bible

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