par Fay A. Klingler, article publié sur ldsmag.com

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Image via ldsmag.com

Imaginons que votre vie soit rédigée en une ou deux phrases. Une phrase courte et abrupte si vous cédez à la tentation et aux difficultés de la vie. Deux phrases différentes si vous choisissez la bonne voie, puis changer votre vie, non seulement pour vivre contrairement à ce que vous aviez déjà choisi, mais prêchez à l’encontre de cela. Ou une longue phrase qui continue bien-au-delà de-la-tombe si vous choisissez le bon chemin, faites une pause lorsque vous êtes fatigué, puis poursuivez votre histoire jusqu’à une super conclusion!

Chacun d’entre nous vit des moments de faiblesse. Souvent lorsque nous vieillissons, nos handicaps croissants engendrent des émotions pénibles de doute de soi, de découragement ou de cynisme. La clé est de ne pas laisser ces moments de faiblesse barrer la route à la direction de l’histoire de notre vie. Faisons bon usage du point-virgule.

Un point-virgule peut être choisi par l’auteur pour séparer mais aussi relier deux phrases entre elles. Contrairement au point, qui définit une fin ou une coupure, le point-virgule indique simplement une pause. Le point-virgule est utilisé lorsque les idées dans les deux propositions ou phrases sont si étroitement liés que le point serait une rupture trop nette entre les deux.

Tout comme le point-virgule est un signe pour le lecteur de faire une pause avant de continuer avec la phrase suivante, la ponctuation pourrait devenir un symbole d’espoir et de persévérance – un rappel que votre histoire n’est pas encore terminée.

 

Une phrase courte et abrupte

La version phrase-courte se termine sans éclat. Elle se termine par un point final brutal. Cela ne veut pas dire que l’histoire de la vie est nécessairement courte quant aux années vécues. Cela signifie simplement que l’individu ne fait aucun effort pour apprendre ou s’améliorer et continue de faire les mêmes choix négatifs encore et encore.

Mike (une vraie personne, mais un prénom fictif) a grandi dans un foyer saint des derniers jours. Bien qu’il ait régulièrement assisté aux réunions et aux activités de l’Eglise, il a fait de mauvais choix par rapport à de petites choses qui ont conduit à de plus grandes choses. Ce n’était pas vraiment difficile au début. À l’époque où il s’est marié, son habitude de manipuler la vérité pour qu’elle reflète ce que les autres avaient besoin d’entendre était bien établie. Malgré l’instabilité de ce couple, Mike et sa femme ont réussi à rester ensemble pendant de nombreuses années.

Malgré les plaintes et les requêtes de sa femme pour qu’il demande de l’aide, les choix de Mike ont continué à dégringoler le long de la pente du secret et de la malhonnêteté croissants. Après que la situation en soit arrivée à la violence physique, sa femme a demandé le divorce. Mike connaissait l’Evangile, mais il a choisi de rester sur ce chemin-ci qui l’a mené vers le bas jusqu’à ce qu’il soit excommunié de l’Eglise et qu’il meurt seul. Point final.

(Ne vous méprenez pas sur mon utilisation du « point final ». Je ne prétends pas que ce soit vraiment la fin de l’histoire de Mike. Nous savons tous que l’histoire continue et qu’il a d’autres opportunités de se repentir et d’obéir. Mais sa vie mortelle a pris fin avec un point lourd de sens!)

 

Deux phrases divergentes

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Dans la version en deux phrases, l’auteur manque d’engagement et de constance. L’auteur choisit un mode de vie, puis il laisse la place à une déconnexion. Parfois, ça commence par une petite infraction que personne n’a remarquée. Parfois, il s’agit d’une question de doctrine mal comprise. Cela pourrait être tout simplement un changement de priorité comme, par exemple, aller faire du bateau le dimanche au lieu d’aller à l’église. Quelle qu’en soit la raison, l’auteur finit par écrire son histoire avec deux phrases nettement divergentes et sans lien l’une avec l’autre – l’une, en vivant l’Évangile, l’autre en combattant contre lui.

Tout est une question de choix.

Il y a quelques semaines en arrière, j’ai reçu un courriel de l’une de nos filles. Elle était tellement hors d’elle que je pouvais «entendre» ses sanglots à travers les mots qu’elle a écrits. Voilà ce qu’elle disait :

Je viens de découvrir qu’Ellie Norse [nom modifié] a quitté l’Église. Il y a quatre ans, elle enseignait que sa foi était sa force. Je l’ai vu mettre en avant et prendre des décisions contraires à l’Eglise, ces dernières années. Mais de passer d’une membre fidèle, à une « apparente » participation, à la quitter… Je reste sans voix et suis attristée. J’ai vu six de mes amis s’éloigner de l’Eglise juste cette dernière année. Je n’arrive pas à imaginer ce qui va se passer dans les deux années à venir. Combien d’entre eux vont volontairement partir et ne vont pas pouvoir se construire un témoignage assez fort pour se tenir suffisamment solidement à la barre de fer afin d’éviter la poubelle du monde qui ne cesse de se jeter sur nous à grande vitesse. Ca va rapidement se transformer en ouragan. Mon cœur se brise pour mes amis qui ont fait ces choix. Je voudrais pouvoir les prendre par les épaules et les secouez jusqu’à ce qu’ils recouvrent la raison. Bon sang, je suis vraiment en train de pleurer maintenant.

Voilà ma réponse :

Cela pourrait arriver à chacun d’entre nous. Satan est déterminé. Nous DEVONS TOUS VRAIMENT rester sur nos gardes. Lire les Ecritures. Suivre le prophète. Ce sont les petites décisions qui conduisent les gens sur la mauvaise voie. Nous devons tous être vigilants.

S’il vous plaît, s’il vous plaît, soyez prudent. Écoutez le bon esprit.

Ellie Norse a choisi la version en deux phrases.

 

Une phrase longue qui se prolonge au-delà de la tombe

Que devons-nous faire pour être dans cette catégorie de prédilection, de persévérance jusqu’à la fin?

Joseph B. Wirthlin nous a donné la recette dans son discours « Avançons résolument » donné lors de la Conférence générale d’octobre 2004.

Persévérer jusqu’à la fin signifie que nous avons enraciné fermement notre vie dans le terreau de l’Évangile, que nous restons dans le courant principal de l’Église, servant humblement nos semblables, menant une vie digne du Christ et respectant nos alliances. Ceux qui persévèrent sont équilibrés, cohérents, humbles, progressant constamment et sans fraude. Leur témoignage n’est pas basé sur des raisons du monde, il est basé sur la vérité, la connaissance, l’expérience et l’Esprit.

Elder Wirthlin a poursuivi en expliquant comment le Seigneur Jésus-Christ a utilisé la parabole du semeur pour enseigner le principe de persévérer jusqu’à la fin. Elle se trouve dans le Nouveau Testament, Marc 4:14-20. En utilisant cette idée, je propose ce qui suit :

Le semeur sème la parole.

Les uns sont le long du chemin, où la parole est semée; quand ils l’ont entendue, aussitôt Satan vient et enlève la parole qui a été semée en eux.

Ce sont ceux qui vivent leur vie dans la catégorie « une seule phrase courte avec une fin abrupte ».

Les autres, pareillement, reçoivent la semence dans les endroits pierreux; quand ils entendent la parole, ils la reçoivent d’abord avec joie;

mais ils n’ont pas de racine en eux-mêmes, ils manquent de persistance, et, dès que survient une tribulation ou une persécution à cause de la parole, ils y trouvent une occasion de chute.

D’autres reçoivent la semence parmi les épines; ce sont ceux qui entendent la parole,

mais en qui les soucis du siècle, la séduction des richesses et l’invasion des autres convoitises, étouffent la parole, et la rendent infructueuse.

Ce sont ceux qui choisissent le chemin aux « deux phrases divergentes ».

D’autres reçoivent la semence dans la bonne terre; ce sont ceux qui entendent la parole, la reçoivent, et portent du fruit, trente, soixante, et cent pour un.

Voici le type « une longue phrase se prolongeant jusqu’au-delà de la tombe » – ceux qui reçoivent la parole et restent vaillants, persévérant jusqu’à la fin.

Chacun de nous a des difficultés particulières pour nous mettre à l’épreuve, peu importe où nous nous trouvons. Quel que soit notre âge, le chemin de la vie nous offre des tests jusqu’à la fin de notre existence mortelle. Tout le monde est confronté à cette bataille. Pensez au Président Spencer W. Kimball. En tant que Président de l’Eglise, il a dû faire face à des maladies sévères, affaiblissantes et qui mettaient sa vie en danger. Face à tout cela, il a consciemment choisi de se tourner vers notre Père céleste pour avoir la force de le supporter.

Le Président Heber J. Grant a exprimé son inquiétude à propos de la persévérance jusqu’à la fin. Après environ 27 ans en tant que Président de l’Église, il a prié: « Ô Dieu, bénis-moi, que je ne perde pas mon témoignage et garde ma fidélité jusqu’à la fin! » (cité par John Longden, dans Rapport de la Conférence générale, octobre 1958, 70).

Ces grands hommes savaient qu’ils n’étaient pas à l’abri de l’influence de Satan. Ils connaissaient les difficultés. Ils connaissaient la lassitude. Mais sans aucun doute, ils ont su renouveler leur force et continuer à avancer. Ils savaient comment utiliser le point-virgule!

Persévérer jusqu’à la fin exige de nous un engagement complet envers les alliances que nous faisons avec notre Père céleste. Cela exige de nous l’obéissance sincère et la repentance lorsque nous reconnaissons nos erreurs. Lorsque nous sommes confrontés à des moments de détresse et de lassitude, nous nous arrêtons pour prier – le point-virgule – afin de demander de l’aide. Et puis nous traversons ce pont qui nous est inévitablement fourni lorsque nous choisissons avec foi de faire confiance à notre Père céleste.

Les petits choix tout au long du chemin donnent de grands dividendes et nous aident à nous cramponner à la parole de Dieu. L’un d’eux est le choix de parler avec notre Père céleste chaque jour. Un autre est d’étudier les Écritures de manière sérieuse et constante, notamment les paroles des prophètes vivants. Un choix essentiel est d’avoir une attitude de gratitude, se concentrant davantage sur ce que nous avons au lieu de ce que nous n’avons pas. Et pour finir, nous devons garder l’espoir. Nous ne devons pas renoncer à nous-mêmes, à nos enfants ou nos petits-enfants.

comment ils auront fini

En tant que grands-parents, comment notre phrase, notre histoire, peut-elle continuer au-delà de la tombe? Bien sûr, vous connaissez la réponse à cette question. C’est par notre exemple de fidélité et de persévérance qui continue d’exister. En plus de cet exemple, voici trois idées particulières pour prolonger votre influence à travers les âges.

1. Ayez fréquemment des soirées familiales avec votre famille élargie. Pour les familles qui vivent à proximité, organisez régulièrement une réunion où la Parole de notre Père céleste est enseignée. Elle peut être enseignée en musique. Elle peut être enseignée par un film. Elle peut être enseignée dans une petite leçon, formelle ou informelle, donnée par un adulte ou un enfant.

Dans notre famille, nous faisons la soirée familiale avec la famille élargie une fois par mois. Les membres de notre famille qui choisissent de se joindre à nous y trouvent une plus grande unité, une meilleure compréhension des uns et des autres. Les petits-enfants y ressentent un niveau plus accru de sécurité. En général, nous faisons une rotation pour nous réunir, d’une maison à une autre. Chacun apporte quelque chose à manger pour le repas et nous avons toujours une leçon sous une forme ou une autre.

2. Prenez le temps de penser à ce que vous allez dire à vos petits-enfants. Faites attention à eux, et appelez-les par leur prénom. Qu’est-ce qui va les édifier, que vont-ils apprendre et leur donner envie de le mettre en pratique et aura de l’importance dans leur vie? Ce ne doit pas forcément être un sermon sur le bien et le mal. Cela peut être tout simplement de remarquer les bonnes choses que font nos petits-enfants et renforcer ces bonnes choses par une simple parole d’encouragement.

Par exemple, lorsque vous observez l’un de vos petits-enfants qui réussit à bien gérer un désaccord avec son frère ou sa soeur, parlez-lui et dites-lui : « Ouah, je suis impressionné! Tu es resté tellement calme. J’aime la façon dont tu as géré ça ». Ou lorsque vous accueillez l’un de vos petits-enfants chez vous et qu’il ou elle saute dans vos bras, au lieu de l’étreindre silencieusement, parlez-lui et dites-lui combien vous avez apprécié sa façon de vous dire bonjour. « J’aime tes câlins. Ça me fait tellement chaud au coeur. »

3. Ecrivez une lettre. Dans mon article de juillet pour le « Meridian, » j’ai donné plusieurs idées pour développer la communication (http://ldsmag.com/communication-bonds-generations/). Récemment Sheryl C.S. Johnson m’a raconté l’histoire de deux lettres remarquables écrites par des grands-pères qui ont eu un impact sur sa vie.L’une des lettres a été écrite par son père à son petit-fils. Sheryl a raconté : « En 1997, lorsque j’ai eu mon premier enfant, il me l’a envoyé. Elle portait l’indication : ne pas ouvrir avant 2015. Lors du 18e anniversaire de mon fils, nous l’avons ouverte. Il savait qu’après tout ce temps, son voyage dans la vie mortelle serait terminé. Ça a été une expérience tellement extraordinaire de lire ce message d’amour qu’il avait pour son petit-enfant. Nous n’étions pas prêts pour que cela s’arrête là, par cette dernière phrase. Nos esprits ont été apaisés lorsque nous avons vu une autre enveloppe dans la première. Ça disait : ‘Ouvrir en 2070’. Je n’ai jamais autant ri et pleuré en même temps. Je crois que je serai morte en 2070, mais mes enfants vont adorer ça! »

J’ai demandé à Sheryl comment elle a réussi à conserver cette lettre au fil des ans. À quel endroit spécial l’a-t-elle caché pour ne pas la perdre? Elle a répondu : « Le coffre en cèdre. Puis, je l’ai donné à ma fille lorsqu’elle était adolescente. Elle est restée dans sa cachette secrète pendant très, très longtemps ».

Cette lettre donnait des conseils avisés, un sentiment de désir de reprendre contact et de réparer les erreurs. Sheryl a dit : « Je peux ressentir sa douleur dans cette lettre, mais je ressens aussi de l’espoir … Cela me montre que je peux parler à ma postérité au-delà de la tombe, et je le ferai. J’en ai une autre de mon grand-père, Lester Hyde, qui est mort quand j’étais toute petite. C’était une lettre adressée à sa postérité en général, avec son témoignage dedans. Je l’aime beaucoup ». Elle m’a dit que sa grand-mère en a fait des copies et les a distribués à toute la famille.

Tout est une question de choix. Alors, mes frères et sœurs, qu’en dites-vous? Allons-nous choisir et utiliser le puissant point-virgule?

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