Archive for the ‘Vie Mortelle de Jésus’ Catégorie

Que Savons-nous au sujet de l’Enfance de Jésus Christ?

Mardi 7 avril 2009

Les évangiles ne fournissent que peu d’éléments au sujet de la vie de Jésus Christ entre sa naissance et son baptême. Matthieu déclare qu’au moment où les Rois mages sont apparus à Bethlehem, après la naissance de Jésus, ce dernier n’était plus un nouveau né, ce qui semble suggérer que Joseph, Marie et Jésus ont vécu dans la ville de sa naissance, pendant peut être près de deux ans. « Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l’adorèrent; ils ouvrirent ensuite leurs trésors, et lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe » (Matthieu 2:11). Matthieu continue son récit en nous racontant que Joseph et Marie ont emmené le « petit enfant » en Egypte (Matthieu 2:13-14). Matthieu et Luc s’accorde sur un point, Joseph, Marie et Jésus ont emménagé à Nazareth alors que Jésus était encore jeune (Matthieu 2:19-23; Luc 2:39-40). La seule allusion aux années suivantes, jusqu’à ce qu’Il commence son ministère, consiste en une courte histoire au sujet du voyage de Jésus Christ vers Jérusalem, à l’âge de douze ans. Luc remarque que « Les parents de Jésus allaient chaque année à Jérusalem, à la fête de Pâque. Lorsqu’il fut âgé de douze ans, ils y montèrent, selon la coutume de la fête. Puis, quand les jours furent écoulés, et qu’ils s’en retournèrent, l’enfant Jésus resta à Jérusalem. Son père et sa mère ne s’en aperçurent pas. Croyant qu’il était avec leurs compagnons de voyage, ils firent une journée de chemin, et le cherchèrent parmi leurs parents et leurs connaissances. Mais, ne l’ayant pas trouvé, ils retournèrent à Jérusalem pour le chercher. Au bout de trois jours, ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. Tous ceux qui l’entendaient étaient frappés de son intelligence et de ses réponses. Quand ses parents le virent, ils furent saisis d’étonnement, et sa mère lui dit: Mon enfant, pourquoi as-tu agi de la sorte avec nous? Voici, ton père et moi, nous te cherchions avec angoisse. Il leur dit: Pourquoi me cherchiez-vous? Ne saviez-vous pas qu’il faut que je m’occupe des affaires de mon Père? Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. Puis il descendit avec eux pour aller à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait toutes ces choses dans son coeur. Et Jésus croissait en sagesse, en stature, et en grâce, devant Dieu et devant les hommes » (Luc 2:41-52). Luc continue son récit en nous informant de l’apparition de Jésus Christ au bord de la rivière du Jourdain, alors qu’Il avait « environ trente ans » (Luc 3:23). Ainsi, nous pouvons supposer qu’entre sa naissance à Bethlehem et son enfance à Nazareth, Jésus a vécu une vie relativement paisible, comme la plupart des jeunes garçons juifs de son époque.

« D’après ce récit singulier, nous pouvons tirer quelques conclusions. L’enfance de Jésus a sûrement été similaire, de nombreuses manières, à celle d’autres enfants de parents juifs dévoués, c’est-à-dire une période de formation, de croissance, de développement, d’apprentissage, et en particulier de foi. L’élément réellement remarquable de cette histoire n’est pas la révélation selon laquelle Jésus pouvait accomplir des miracles, mais le fait que Jésus possédait une connaissance incroyable de Dieu et qu’Il entretenait avec lui une relation forte, quelque chose qui étonnait Ses parents et Ses professeurs. Il s’agit d’un point important, car c’est cette relation spéciale et intime avec Notre Père qui apparaît dans les moments de crise que Jésus a traversé dans sa vie d’adulte (son baptême, sa métamorphose, l’épisode dans le jardin de Gésthémani, ou encore sur la croix). Ce récit a caractérisé la vie de Jésus dans sa brève totalité ».

Ben Witherington III is Professor of New Testament at Asbury Theological Seminart in Wilmore, Kentucky.

Ben Witherington III, New Testament History: A Narrative Account (Grand Rapids: Baker Academic, 2001), 92.

Jésus était-il humain?

Mardi 7 avril 2009

Marc, plus que n’importe quel auteur, a préservé une vision de l’humanité de Jésus Christ dans le récit de la Passion. Sa prière à Gesthémani pourrait en être un exemple: « Abba, Père, toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. » (Marc 14:36). Tout au long de ce récit, Marc informe ceux qui écoutent ses paroles que Jésus a besoin de dormir, de manger, d’être seul, et bien sûr, de prier – de faire toutes ces choses que les êtres humains font.

Si le récit de Marc se base sur les mémoires de Pierre, alors il nous offre une représentation du monde qui se base sur les souvenirs de Pierre. Ainsi, nous pouvons apprécier le portrait présenté ici, qui est particulièrement critique de Pierre lui-même. Nous devons nous souvenir que le vrai nom de Pierre était Simon. Jésus Christ l’a renommé Pierre (du latin ou du grec) ou Cephas (de l’hébreu et de l’Araméen), qui signifie « pierre ou roche ». Dans l’évangile de Marc, il fait toujours référence à Pierre en utilisant ce nouveau prénom que Jésus Christ lui a donné jusqu’à ce moment, lorsque Jésus a dit: « Simon, tu dors! » (Marc 14:37). Il est possible que le fait que Jésus ait utilisé Simon plutôt que Pierre ait son importance, signifiant que Pierre n’était pas encore devenu assez fort (pierre/roche).

Marc dresse le portrait de l’agonie de Jésus dans le jardin de Gesthémani en utilisant un langage clair et imagé. Jésus Christ est le fils de Dieu, pourtant il est doté du désir humain de vivre, d’éviter la souffrance et la mort. Le nom que Jésus utilise lorsqu’il pleure face à Dieu, Abba (père), accentue le pathos de cette scène tragique. Une autre traduction de la Bible, qui pourrait non seulement nous aider à ressentir ce que les écritures saintes nous révèlent, mais aussi à mieux les comprendre, « Il prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il commença à éprouver de la frayeur et des angoisses. Il leur dit: Mon âme est triste jusqu’à la mort; restez ici, et veillez. Puis, ayant fait quelques pas en avant, il se jeta contre terre, et pria que, s’il était possible, cette heure s’éloignât de lui. Il disait: Abba, Père, toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. (Marc 14:33-36)

A Quoi Jésus Christ Ressemblait-Il?

Mardi 7 avril 2009

Les lettres apocryphes qui ont volontairement donné une description physique de Jésus Christ ont été déclarées fausses il y a bien longtemps. Les auteurs post-Nouveau Testament ont souvent laissé leur imagination errer en abordant des questions floues ou complètement absentes du Nouveau Testament, tentant d’offrir aux lecteurs des informations que les auteurs du Nouveau Testament n’avaient pas fournies. Matthieu, Marc, Luc et Jean n’ont probablement jamais imaginé que des lecteurs du vingt-et-unième siècle aimeraient connaître la taille de Jésus, la longueur de ses cheveux, la couleur de ses yeux, ou celle de sa barbe, s’il en avait une.

Il existe une différence subtile entre la représentation que nous nous faisons de Jésus comme un modèle de perfection mentale et physique et l’idée exprimée par Esaie qu’ « Il n’avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, Et son aspect n’avait rien pour nous plaire » (Esaie 53:2). Ce passage donne lieu à certaines questions de notre part. Qu’est-ce qu’Esaie cherche à nous faire comprendre lorsqu’il dit que le Messie mortel n’avait « ni beauté »? Devrions-nous considérer que l’apparence du Jésus mortel était différente de celle du Seigneur ressuscité, qui était physiquement parfait?

Au cours du temps, la divinité a été représentée de diverses manières, en fonction des idées de perfection physique et mentale des différentes cultures. Les vues des artistes occidentaux au sujet de Jésus Christ  étaient généralement basées sur leurs propres cultures, et sur leurs propres sociétés, et non pas sur la culture et la société du premier siècle après Jésus Christ de la Palestine Juive. Une représentation standard de Jésus Christ a été créée dans la culture occidentale à la fin du Moyen Age, et bien que toutes les sociétés aient modifiées cette représentation quelque peu, elle est restée la même depuis. Bien sûr cette représentation se base sur l’imagination d’artistes qui n’ont pas connu Jésus Christ, et qui n’ont pas, non plus, eu accès à une description physique de Jésus par quelqu’un qui l’avait rencontré.

Les peuples de l’antiquité étaient beaucoup plus enclins à attraper des maladies. De plus, l’hygiène dentaire et quotidienne des peuples de cette époque n’avait rien à voir avec celle que nous connaissons aujourd’hui, dans les pays occidentaux. A cause de certaines restrictions alimentaires, les gens étaient souvent plus minces que nous le sommes aujourd’hui. Après tout, Jésus était un homme qui a vécu dans le Moyen-Orient il y a plus de deux cent ans. Il parlait une langue différente, et vivait dans une culture qui était différente, de multiples façons, de nos cultures occidentales actuelles. Il n’avait pas beaucoup de connaissances culinaires, ainsi son régime alimentaire n’était pas simplement peu varié, il n’était pas assez riche et d’assez bonne qualité (il mangeait probablement peu de viande fraîche). Il est assez probable qu’Il ne changeait pas de vêtements tous les jours, comme il est d’usage dans nos cultures. De même, son hygiène quotidienne ne répondait sûrement pas à notre obsession moderne pour la propreté. Il n’avait que peu accès aux soins médicaux et dentaires, selon nos standards, et comme la plupart de ses semblables à Nazareth et Capernaum, il a rarement fait l’expérience des avancées sanitaires romaines que l’on pouvait alors trouver à Jérusalem et dans les autres grandes villes de l’Empire. De plus, il est assez probable qu’Il ait été de petite taille, en comparaison avec les hommes d’aujourd’hui, qu’il ait eu un teint de couleur olive (gris-vert), des traits angulaires, des sourcils proéminents, des yeux marrons, des cheveux noirs ou bruns, ainsi qu’une barbe noire ou brune, bien que certains Juifs de cette époque avaient les yeux bleus et une barbe rousse.

Quels Sont les Evangiles Synoptiques?

Mardi 7 avril 2009

Parmi les quatre évangiles canoniques, Matthieu, Marc et Luc sont souvent appelés « évangiles généraux » ou encore « évangiles synoptiques ». Littéralement, « synoptique » signifie « avec le même œil » et se réfère au fait que ces évangiles partagent les mêmes informations et sont liés entre eux.

Jésus de Nazareth

Mardi 7 avril 2009

Pourquoi Jésus Christ est-Il associé à Nazareth?jesushealingblind

Nazareth, un petit village du nord de la Galilée, est l’endroit où Jésus a passé son enfance. Joseph et Marie, d’après le Nouveau Testament, y sont retournés après la naissance de Jésus à Bethlehem, qui est une petite ville au sud de la Judée (Matthieu 2:23). De l’enfance jusqu’à l’âge de trente ans, Nazareth a constitué la maison de Jésus.

A cette époque, il n’était pas si rare d’identifier une personne avec la ville dans laquelle elle vivait ou le village dans laquelle elle était née (nous trouvons un autre exemple dans Luc 8:2, lorsqu’il parle de Marie de Magdala). Ainsi, Jésus a été associé à la ville de Nazareth dix-sept fois dans le Nouveau Testament, sous le nom de « Jésus de Nazareth ».

Même lors de sa mort, alors qu’Il avait quitté Nazareth trois ans plus tôt, Jésus a été associé avec ce petit village, à l’écart de la route principale, dans les collines de Galilée:  » Pilate fit une inscription, qu’il plaça sur la croix, et qui était ainsi conçue: Jésus de Nazareth, roi des Juifs » (Jean 19:19).

Quelques années plus tard, après la résurrection, Pierre a commencé à s’intéresser à des peuples autres que le peuple juif, lorsqu’il a rendu visite au centurion romain, Cornélius, à Caesarea Maritima pour partager la « bonne nouvelle ». Lors de cette rencontre capitale, Pierre a commencé son fameux sermon par l’identification géographique du village d’enfance de Jésus:  » vous savez comment Dieu a oint du Saint Esprit et de force Jésus de Nazareth, qui allait de lieu en lieu faisant du bien et guérissant tous ceux qui étaient sous l’empire du diable, car Dieu était avec lui » (Actes 10:38). Comme le travail de missionnaire des disciples s’étendait dans le Bassin Méditerranéen ainsi qu’à l’est, les peuples qui vivaient bien au-delà de la terre sacrée ont entendu parler de Jésus de Nazareth.

En plus de l’ajout traditionnel du lieu au prénom, Matthieu croyait que l’association de Jésus avec le village de Nazareth était déjà connue des prophètes hébreux, Il  » vint demeurer dans une ville appelée Nazareth, afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par les prophètes: Il sera appelé Nazaréen » (Matthieu 2:23).

Voici une représentation du village de Nazareth au premier siècle après J.C. Avec la permission de Balage Balogh.

 image001

 

La Place de Nazareth dans l’Histoire du Nouveau Testament

Le Retour du Roi, [Matthieu] 2:19-23

Le troisième vers de la section 2 de Matthieu est construit de la même façon que la première section qui concerne le vol en Egypte – l’ange du Seigneur est apparu à Joseph lors d’un rêve, et lui a donné l’ordre de se lever, de prendre l’enfant et sa mère et de retourner sur les terres d’Israël, à la suite duquel Joseph s’est levé et a fait exactement ce qui lui avait été demandé (remarquez le langage parallèle dans les vers 14 et 21). Retourner en Judée était une très bonne idée, puisque le fils d’Hérode, Archélaos y avait le pouvoir, et ainsi après avoir été averti dans un rêve, il a pu se retirer dans le « district » de la Galilée, dans la petite ville de Nazareth. Cela est aussi considéré comme la concrétisation des écritures saintes, mais il faut souligner le fait que différents prophètes auraient prononcé ces mots  » Il sera appelé Nazaréen ».

Il a été difficile de trouver un texte saint ou même une combinaison d’écritures saintes qui rassemblent ces mots. Une suggestion ingénieuse est que cette citation trouve son origine dans Esaie 11:1 en hébreu, qui parle du rameau de Nazareth, une référence à la figure messianique dont il est aussi question dans Esaie 7:14. Le fait que, à Qumram, le rameau de ce passage soit aussi interprété de manière messianique, soutient cette association (1QH 6.15: 7.6-19). Bien qu’un terme hébreu différent soit utilisé pour désigner le rameau, on trouve la même façon d’aborder une figure messianique dans Jérémie 23:5; 33:15; Zacharie 3:8 et 6:12. Ce que nous observons ici est l’utilisation midrashique de l’Ancien Testament, et la combinaison d’écritures saintes avec des histoires de Jésus, rassemblées artistiquement, est appelée l’Aggadah midrashique, mais il serait plus judicieux de l’appeler midrash et haggadah (récit), car nous n’avons aucune raison de penser que l’histoire elle-même a été réécrite, à part pour ce qui est des ajouts et des maniement de l’Ancien Testament

Une autre suggestion est que Matthieu avait à l’esprit la notion d’être Nazaréen, qui est un terme qui signifie « un, qui se distingue » ou « un, sacré dans le Seigneur » (voir Esaie 4:3; Juges 13:5-7; 16:17). Jésus Christ a ainsi été perçu comme un homme sacré en Dieu, une conclusion que Matthieu 19:10-12 semble soutenir si Jésus fait référence à lui-même. Pourtant, caractériser Jésus comme un homme qui a bu et qui a mangé avec des pécheurs lors d’un mariage (voir Jean 2 et Marc 1-3) ne semble pas s’accorder avec le fait qu’il ait exprimé ses vœux nazaréens. Cette suggestion semble ainsi moins crédible que celle qui concerne l’oracle du rameau.

En surface, l’impression laissée par ce récit est que Joseph et sa famille se dirigeaient vers Nazareth pour la première fois. Ce qui est étrange au sujet de cette histoire est que, bien sûr, un autre fils d’Hérode, Hérode Antipas, dirigeait la Galilée, alors pourquoi la Galilée était-elle un meilleur endroit que la Judée pour la famille? Mais nous devons aussi nous demander pourquoi Joseph aurait déménagé dans un endroit si lointain s’il n’avait pas de liens spécifiques avec ce lieu. Ou l’a-t-il choisi parce que cette ville ne comptait qu’entre 500 et 1500 habitants tout au plus, et qu’ainsi il leur serait possible de disparaître et de passer inaperçu? Il s’agit d’une petite ville que personne n’a mentionnée dans l’Ancien Testament ou dans les premiers textes saints juifs, ce qui explique la gymnastique exégétique nécessaire pour lier ce voyage à l’Ancien Testament. Bien que de nombreux experts pensent qu’il est difficile de concilier ce récit avec ce que Luc 2:39-40 dit, qui suggère que la famille de Jésus était à l’origine de Nazareth, les deux récits s’accordent sur un point, que Jésus Christ a grandit à Nazareth et qu’Il est ainsi devenu Jésus de Nazareth. Il est intéressant de voir qu’une caste de prêtres s’y est installée après la chute de Jérusalem en 70 après J.C., ce qui suggère que Nazareth était considérée comme un lieu rituellement pur.

Ben Witherington III, Matthew, (Macon: Smyth & Helwys Publishing, 2006) . 71-2

Ben Witherington III est un professeur d’interprétation du Nouveau Testament au Séminaire de Théologie de Asbury, à Wilmore, dans le Kentucky.

image0031_thumbnail

 

Ville, petite ville et village: Nazareth dans son contexte

Les villes, qui étaient en quelque sorte les foyers de l’élite, dominaient le paysage social et géographique de l’antiquité gréco-romaine. Les villes étaient construites, contrôlées et peuplées par l’élite. Caesarea et Jérusalem, bien sûr, étaient des villes majeures de Judée. Hérode le Grand avait construit Caesarea afin de disposer d’un port sur la côte de la Palestine, ainsi que pour déclarer sa loyauté à Caesar Auguste. Les villes principales de la Galilée de Jésus comptaient Sepphoris (devenue Zippori) et Tibérie. Ces villes avaient été fondées par Hérode Antipas, elles constituaient les quartiers généraux des officiers d’Hérode. Il n’est pas surprenant, aux vues de l’intérêt du mouvement de Jésus, de voir qu’elles ne sont à aucun moment mentionnées dans les évangiles. Capernaum, Magdala et Cana était les centres administratifs pour la pêche et l’agriculture. Les paysans de la campagne Galiléenne vivaient dans de petits villages tels que Nazareth ou Nain.

 

K.C. Hanson and Douglas E. Oakman, Palestine in the time of Jesus: Social Structures and social Conflicts (Minneapolis: Fortress Press, 1998), 116-117

hanson3

 

K.C. Hanson a enseigné des cours d’études bibliques à l’Ecole Théologique Episcopalienne ainsi qu’à l’Ecole de Théologie de Claremont, à l’Université de Creighton et à l’Université Saint Olaf.

douglas

 

Douglas E. Oakman est le doyen des Sciences Humaines ainsi qu’un professeur de religions à l’Université Luthérienne du Pacifique, à Tacoma dans l’état de Washington

Des Femmes ont-elles suivi Jésus?

Mardi 7 avril 2009

Oui ! Jésus Christ avait beaucoup de respect pour les femmes, Il les considérait souvent comme des modèles de foi et de dévouement à Ses enseignements et ses paraboles (voir, par exemple, la veuve de Zarepath qui a nourri Elie, Luc 4 :25-26 ; ainsi que la femme qui a donné ses deux pièces dans le tronc, Marc 12 :42-44). Bien que le nombre de récits qui racontent l’histoire de femmes qui ont suivi Jésus, dans le Nouveau Testament, soit limité, il est clair qu’elles ont joué un rôle important dans le ministère de Jésus Christ.

Des le début, Marie, Elisabeth et Anne ont compris qui était l’enfant Jésus et ont été les témoins de Son ministère. Marie a reçu des instructions de l’ange Gabriel, qui lui a annoncé qu’elle concevrait un fils qui « sera appelé Fils du Très Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n’aura point de fin » (Luc 1 :31-33). Lorsque Marie, qui était enceinte, lui a rendu visite, Elisabeth « fut remplie du Saint Esprit. Elle s’écria d’une voix forte: Tu es bénie entre les femmes, et le fruit de ton sein est béni » (Luc 1 :41-42). De même, lorsque Marie et Joseph ont apporté le bébé au temple, Anne a regardé l’enfant et elle a «lou[é] Dieu, et elle [a] parl[é] de Jésus à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem » (Luc 2 :38). Bien que nous n’ayons aucune preuve des rôles que Elisabeth et Anne ont pu jouer en tant que disciples de Jésus, nous savons que Marie était présente et qu’elle a aidé, lors du premier miracle, lorsque Jesus a transformé de l’eau en vin (Jean 2 :11), prés de sa croix alors qu’Il la recommandait à son apôtre Jean (Jean 19 :25-26). Elle était aussi présente parmi les membres de Jérusalem qui se sont rassemblés après l’ascension de Jésus (Actes 1 :14).

Tout au long de son ministère, d’autres femmes ont elles-aussi suivi Jésus Christ. Au début du récit de Luc, il nous dit « Ensuite, Jésus allait de ville en ville et de village en village, prêchant et annonçant la bonne nouvelle du royaume de Dieu. Les douze étaient avec lui et quelques femmes qui avaient été guéries d’esprits malins et de maladies: Marie, dite de Magdala, de laquelle étaient sortis sept démons, Jeanne, femme de Chuza, intendant d’Hérode, Susanne, et plusieurs autres, qui l’assistaient de leurs biens » (Luc 8 :1-3). Marie Madeleine semble avoir mené le reste des disciples féminines car elle était toujours mentionnée la première dans les listes de femmes (voir aussi Marc 15 :40 ; 16 :1 ; Jean 19 :25). La description qui nous dit que ces femmes « l’assistaient de leurs biens » indique qu’elles ont offert de la nourriture et des biens à Jésus Christ pendant son voyage. Le mot traduit ici par « assistaient » (diakoneō) est aussi utilisé par Luc comme un nom pour décrire le « ministère de la parole » des apôtres (Actes 6 :4). Cette utilisation semble suggérer que les femmes ont aussi participé à l’enseignement des paroles de Jésus. Ces femmes disciples étaient aussi ostensiblement présentes lors de la crucifixion de Jésus, puis prés de son tombeau, avec Marie Madeleine qui a été la première personne à voir Jésus Christ ressuscité et celle qui a annoncé la résurrection aux autres disciples (Jean 19 :11-18).

De plus, les évangiles parlent de nombreuses autres femmes qui ont été poussées par leur foi, afin de trouver Jésus Christ. La femme cananéenne, bien qu’elle ait appartenu aux Gentils, a imploré Jésus pour qu’il guérisse sa fille qui était possédée par un démon. Son engagement avec Jésus Christ, malgré la réponse négative que Jésus et ses disciples lui ont donnée, a amené Jésus à déclarer: « Femme, ta foi est grande; qu’il te soit fait comme tu veux » (Matthieu 15:21-28). Et sa fille fût immédiatement guérie. Il y avait aussi une femme qui souffrait de pertes de sang depuis douze ans. Elle s’est approché de Jésus et a attrapé son vêtement, alors qu’elle savait que cet acte le rendrait impur. Jésus, reconnaissant « aussitôt en lui-même qu’une force était sortie de lui » s’arrêta immédiatement pour découvrir qui l’avait touché. Il aperçu la femme et lui dit « Ma fille, ta foi t’a sauvée; va en paix, et sois guérie de ton mal » (Marc 5:25-34). La femme sans nom, qui s’était rendue dans la maison de Simon aimait grandement Jésus car Il l’avait pardonnée pour ses péchés. Elle est venue et a oint les pieds de Jésus avec ses larmes, elle les a essuyés avec ses cheveux, et les a oints avec du parfum. Jésus lui a déclaré « Tes péchés sont pardonnés » (Luc 7:36-50).

Enfin, dans les évangiles de Luc et de Jean il est question de deux sœurs, Marie et Marthe. Jean écrit « Or, Jésus aimait Marthe, et sa soeur, et Lazare » (Jean 11:5). Luc a raconté que Marthe avait reçu Jésus dans sa maison pendant le récit du voyage de l’évangile, alors que Jésus séjournait à Jérusalem.  Jésus est entré dans sa maison, s’attendant à être nourri, puisque lui et ses disciples comptaient sur la générosité des habitants tout au long de leur voyage (Luc 8:3; 9:58; 10:4). Alors qu’il séjournait chez Marthe, Marie « s’est assise à ses pieds,  et a écouté ses enseignements ». Certains manuscrits ajoutent un pronom dans cette phrase ce qui donne « Marie s’est aussi assise à ses pieds », ce qui indique que Marie aurait rejoint sa sœur pour écouter les paroles de Jésus. Dans l’évangile de Jean, les deux sœurs étaient deux importants disciples. Marthe, de même que Pierre, est un exemple de quintessence des personnes qui ont affirmé que Jésus était le Christ. Elle a déclaré,  » Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui devait venir dans le monde » (Jean 11:27; cf. Luc 7:36-50). Marie a démontré son dévouement à Jésus Christ en écoutant attentivement ses enseignements (Luc 10:39) et en oignant ses pieds avec un parfum cher, puis en essuyant ses pieds à l’aide de ses cheveux (Cf. la femme sans nom qui a réalisé un acte de dévouement similaire dans Luc 7:36-50). Bien que Judas ait critiqué ses actes,  » Jésus dit: Laisse-la garder ce parfum pour le jour de ma sépulture. Vous avez toujours les pauvres avec vous, mais vous ne m’avez pas toujours (Jean 12:7-8).

Après la mort de Jésus, les femmes ont continué à jouer un rôle important au sein de l’Eglise. Lydie et Chloé ont probablement été les patronnes des églises de Philippi et de Corinthe (Actes 16:14-15; 1 Cor. 1:11). Luc raconte que de nombreuses femmes ont rejoint l’Eglise (Actes 5:14; 8:12; 17:4, 12). Priscille a aidé, avec son mari Aquila, à enseigner l’évangile à Apollo (Actes 18:24-26; voir aussi Rom. 16:3; 1 Cor. 16:19). Bien qu’à certains moments Paul ait du corriger certaines femmes membres de l’Eglise qui ne se comportaient pas de manière appropriée (1 Cor. 14:34-35; 1 Tim. 2:9-15), les femmes ont grandement contribué à l’Eglise par leurs prières et leurs prophéties (1 Cor. 11:5; voir aussi Actes 21:8-9), et c’est une femme, Phoebé, « notre soeur, qui est diaconesse de l’Église de Cenchrées », qui a été chargée de transporter les lettres centrales de Paul aux Romains (Rom. 16:1-2).  

Ben Witherington III

« La façon dont Jésus se représentait les femmes et leur rôle est relativement différente des représentations actuelles. Il n’était pas l’un des Qumrâniens, mais il n’était pas non plus un rabbin au sens traditionnel du terme, bien qu’il ait de nombreux points communs avec ces deux groupes. Il utilisait les femmes, réelles mais aussi fictives, dans des exemples de foi à l’intention de ses disciples, ainsi que lorsqu’Il rappelait l’importance d’honorer sa famille,  ce qui n’est pas sans précédent dans la littérature rabbinique. Son appel aux hommes et aux femmes, qu’Il encourageait à s’engager avec Dieu en vue de l’infaillibilité du Royaume, présente certains points communs avec les enseignements de Jean le Baptiste et de Qumram. Pourtant, dans sa globalité, et en particulier dans le contexte Juif, Jésus semble avoir été un réformateur unique voir quelquefois radical de la façon dont les femmes et leur rôle étaient perçus par la majorité de la population à son époque. Peut être s’agit-il de la raison même pour laquelle le Troisième et le Quatrième évangélistes se sont donnés la peine de présenter différentes femmes qui constituaient des modèles religieux pour leurs lecteurs ». Ben Witherington III, Women in the Ministry of Jesus: A Study of Jesus’ Attitudes to Women and their Roles as Reflected in His Earthly Life (Cambridge: Cambridge University Press, 1984), 126.

Dr. Witherington III est un professeur d’interprétation du Nouveau Testament au Séminaire de Théologie de Asbury, à Wilmore, dans le Kentucky.

Que Jésus a-t-il enseigné au sujet de la Charité?

Mardi 7 avril 2009

Les Mormons définissent fréquemment la charité comme l’amour pur du Christ, citant le prophète du Livre de Mormon. Les Mormons enseignent que lorsqu’ils servent autrui, ils servent aussi Dieu, et ils se tournent vers le Sauveur qui est un exemple en matière de servir ses prochains. 

Au cours de son ministère mortel, on a demandé à Jésus Christ quel commandement était le plus grand et le plus important. Il a répondu, « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes » (Matthieu 22 :37-40).

Pour le Sauveur, l’amour et la charité étaient le même concept. Tous Ses actes de charité étaient accomplis non pas par devoir, mais par amour, un amour profond qu’Il ressentait pour Ses prochains. Il ne s’est pas limité à servir Ses amis, bien qu’Il les servait aussi. Il ne s’est pas limite à servir les riches et les biens pensants. Il ne s’est même pas limité à servir ceux qui méritaient sa charité, selon les normes du monde et de son époque.

Nous pouvons facilement étudier la position de Jésus au sujet de la charité en observant la façon dont Il a traité Ses prochains lors de son ministère terrestre. Un jour, les scribes et les Pharisiens lui ont apporté une femme qui s’était fait attrapée commettant un acte d’adultère. Ils lui ont rappellé que la loi exigeait qu’on lui jette des pierres, puis ils lui ont demandé ce qu’Il pensait qu’ils devraient faire. Leur but n’était pas d’obtenir Ses conseils mais de le piéger. Pourtant, Il a donné la même réponse que celle qu’Il aurait donné si leurs motivations avaient été pures. Le monde ne pouvait influencer la façon dont il traitait ses prochains. Il s’est agenouillé et a écrit dans la terre, comme s’Il ne les avait pas entendus. Ils ont continué à le questionner et Il leur a répondu : « Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle » (Jean 8 :8). Reprouvés, les hommes ont décidé de quitter les lieux. Quand Jésus et cette femme se sont retrouves seuls, Il lui a demande si les accusateurs étaient encore là,  elle lui répondit que non. Alors Il lui dit gentiment qu’Il ne l’accusait pas non plus, mais il la mit en garde de ne plus pécher.

Voici l’un des exemples les plus frappants de la charité du Sauveur. Il l’a sauvée de l’humiliation et de la mort, préservant sa dignité en refusant de la juger, et lui a offert de précieux conseils en lui expliquant comment ne plus commettre de tels péchés dans le futur, et ainsi Il l’a servie.

Un beau jour, un homme aveugle l’a appellé à l’aide. On avait conseillé a cet homme de ne pas déranger Jésus. Apres tout, il n’était qu’un mendiant aveugle, il n’était pas quelqu’un d’ « important » d’après les normes de ce monde. Pourtant, Jésus l’a entendu et l’a appelé à lui. Il lui a demandé comment Il pouvait l’aider, et l’homme lui a demandé s’il pourrait lui redonner la vue. Jésus ne lui a pas seulement redonné la vue, il a aussi envoyé un message à tous ceux qui pensaient que l’homme n’était pas digne de Sa charité. Il a dit à l’homme que c’était sa propre foi qui l’avait guéri. Cet homme, en apparence sans importance, possédait une foi suffisamment forte pour le guérir, et cela a certainement réprimandé ceux qui l’avaient écarté car ils ne le considéraient pas comme assez important, ou digne d’être remarqué.

La charité du Sauveur a toujours enseigné à son peuple de se respecter soi-même et de respecter autrui. Car c’est ainsi qu’Il traitait tout le monde, avec respect. Il a démoli des barrières et a récompensé ceux qui faisaient des efforts, aussi souvent que possible. Il leur a montré comment vivre une vie meilleure. Sa charité répondait aussi à des besoins moins importants mais immédiats, comme le fait de nourrir les foules, qui à un moment donne, étaient affamées. Ainsi, chaque personne dans ces foules a reçu de quoi manger.

Bien que ce ne soit pas le but premier de son histoire, Jésus a raconté une parabole au sujet d’un homme riche qui vivait dans une élégante maison. A côté de chez lui vivait un mendiant du nom de Lazare. (Il est important de noter que Jésus a donné un nom à l’homme pauvre mais qu’Il n’a pas pris le temps d’en faire de même pour l’homme riche, bien que l’histoire tourne autour de ce dernier.) L’homme riche ne faisait rien pour servir ou aider le mendiant, qui avait besoin de nourriture et de soins médicaux. Lorsque les deux hommes sont morts, c’est celui qui était pauvre qui a reçu la récompense, et l’homme riche a reçu une punition éternelle, ce qu’il a, bien évidemment, jugé anormal. Lorsqu’il a demandé à ce que Lazare soit envoyé pour le servir et l’aider à sentir mieux, Abraham a répondu, « Fils, rappelles toi que tu as reçu les bonnes choses dans ta vie, alors que Lazare a mal vécu : mais maintenant il a le droit au réconfort, et tu as le droit a la tourmente ».

Le Sauveur exprime clairement dans cette parabole qu’une personne qui refuse de servir autrui et de se montrer charitable ne peut espérer recevoir la charité lorsqu’elle en a le plus besoin.

Le Roi Benjamin, un prophète du Livre de Mormon, a tenté d’enseigner ce type de service, similaire à celui du Christ, à son peuple, et les a mis en garde contre les mauvais jugements lorsqu’il s’agit de décider de qui servir :

« Peut-être diras-tu: L’homme s’est attiré sa misère; c’est pourquoi je retiendrai ma main, et ne lui donnerai pas de ma nourriture, ni ne lui accorderai de mes biens pour qu’il ne souffre pas, car ses châtiments sont justes, Mais je te dis, ô homme, quiconque fait cela a grand sujet de se repentir; et s’il ne se repent pas de ce qu’il a fait, il périra à jamais et n’aura pas de part dans le royaume de Dieu. Car voici, ne sommes-nous pas tous mendiants? Ne dépendons-nous pas tous du même Être, Dieu, pour tous les biens que nous avons, à la fois pour la nourriture et le vêtement, et pour l’or, et pour l’argent, et pour toutes les richesses de toutes sortes que nous avons? » (Mosiah 4 :17-19).

Dans cet exemple de la charité du Sauveur, nous voyons qu’Il a vécu selon cette même croyance. Le meilleur exemple du sentiment du Sauveur au sujet de la charité, bien sûr, s’est produit lors des derniers jours de Sa vie, alors qu’Il a pris sur Lui tous nos péchés dans le jardin de Gethsémani et dans le jardin d’Eden. Bien qu’Il ait vécu une vie parfaite, Il a souffert pour tous ceux qui ont vécu et pour tous ceux qui vivront, dignes ou indignes, pour ceux qui avaient besoin d’aide ainsi que pour ceux qui ont été malheureux après avoir pris de mauvaises décisions. Il n’a pas fait de distinctions. Il nous aime tous de la même manière, et il a souffert pour chacun d’entre nous.

Le monde dans lequel nous vivons n’en serait que meilleur si les hommes et les femmes, partout, exerçaient le pur amour du Christ, qui est doux, docile et modeste. Il est dénué d’envie et de fierté. Il est généreux parce qu’il n’attend rien en retour. Il n’est pas mauvais ou mal intentionné, il ne se réjouit pas dans l’immoralité, il ne laisse pas de place à l’intolérance, à la haine ou à la violence. Il refuse de condamner le ridicule, la vulgarité, les abus ou l’ostracisme. Il encourage tout le monde à vivre ensemble dans l’amour chrétien, quelques soient nos croyances religieuses, notre couleur de peau, notre nationalité, notre situation financière, notre niveau d’étude ou encore notre culture. (Howard W. Hunter, « A More Excellent Way, » Ensign, Mai 1992, 6)